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Universités : ce qui va changer en 2009

Le Mag | Rubrique etudiant | Publié le 31/12/2008

A partir du 1er janvier 2009, 20 universités françaises deviennent autonomes, c'est l'aboutissement de la loi LRU («libertés et responsabilités des universités») adoptée en juillet 2007 et vivement contestée à sa sortie obligeant la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, à revoir plusieurs points de sa grande réforme.

Qu'est-ce qui va changer pour les étudiants? Dans l'immédiat, rien de particulier mais la révolution c'est que le président de l'université devient un vrai patron pour son établissement avec une maîtrise sur 100% du budget (contre environ 20% avant). Il pourra s'appuyer sur un conseil d'administration de 20 ou 30 membres contre 60 auparavant.

Dans le détail, le conseil d'administration (CA) comprendra 7 ou 8 «personnalités extérieures à l’établissement» (nommées par le président de l’université avec approbation du CA) dont au moins un chef d’entreprise et des représentants de collectivités territoriales, entre 8 et 14 représentants des enseignants-chercheurs, entre 3 et 5 représentants des étudiants (contre entre 12 et 15 auparavant, ce qui en fait un autre point de la contestation) et 2 ou 3 représentants du personnel administratif et technique (6 avant).

2ème évolution majeure: ce budget pourra être alimenté par des fonds privés. La plupart des universités ont déjà recruté des spécialistes de la levée de fonds et certaines ont mis sur pied des fondations pour faire venir l'argent du privé. C'est sur ce point que se cristallisent une partie des critiques: syndicats d’enseignants et organisations étudiantes y voient un risque de «privatisation» des universités et la possibilité pour elles de n'investir que dans les filières qu’elles jugeront rentables.

Pour accompagner cette transition, chaque établissement recevra une dotation de 250.000 euros supplémentaires: 200.000 pour financer des formations et 50.000 pour des primes aux personnels investis dans le passage à l’autonomie. La loi autorise aussi l’État à transférer aux établissements qui en font la demande la pleine propriété de leurs bâtiments, mis à disposition par l’Etat. Aucune université ne s'est montrée prête à sauter le pas, à l'exception de Paris 6 (Pierre-et-Marie-Curie) et de Corte.

Les IUT restent un cas particulier car avant la loi, les instituts universitaires de technologie recevaient une enveloppe budgétaire directement de l'Etat. Dorénavant, ce seront les présidents des universités dont ils dépendent qui leur attribueront ces crédits. Résultat, les IUT, qui en tant que formations professionnalisantes sont mieux dotés que les licences, redoutent de se retrouver lésés. D'où les grèves de cet automne. Fortement mobilisée, l'Assemblée générale des directeurs d'IUT demande à la ministre qu'un «contrat soit signé entre les universités et les IUT», sur des bases nationales, pour obtenir des garanties.

D’ici à 2012, les 85 universités devront mettre en œuvre la loi LRU. Les 20 premières sont Aix-Marseille 2, Cergy-Pontoise, Clermont-Ferrand 1, Corte, Limoges, Lyon 1, Marne-la-Vallée, Montpellier 1, Mulhouse, Nancy 1, Paris 5, Paris 6, Paris 7, La Rochelle, Saint-Etienne, Toulouse 1 et l’université technologique de Troyes, et l’Université unique de Strasbourg.

Source: Liberation.


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